MÉLIÈS la boîte à truc
Une expérience digitale immersive autour de Georges Méliès pour la Pinault Collection. On n'ouvre pas un site : on entre dans un théâtre — et c'est le magicien lui-même qui raconte.
01 — Le brief
Rendre hommage,
sans faire un musée en ligne
La Pinault Collection réunit plusieurs milliers d'œuvres d'art moderne et contemporain — tableaux, photographies, installations visuelles et sonores. Elle souhaite proposer des expériences digitales autour de plusieurs artistes, sans lien avec ses événements physiques.
La commande : une expérience digitale immersive qui permet au public de découvrir l'histoire de Georges Méliès, pour lui rendre hommage et révéler la richesse de son patrimoine.
Le mot qui engage tout, c'est « immersive ». Une frise chronologique avec des vignettes cliquables remplirait le cahier des charges et raterait complètement le sujet. Méliès n'a pas archivé le cinéma : il l'a mis en scène. Une expérience qui lui rend hommage doit faire la même chose.
Le premier réflexe était une frise chronologique. C'est exactement ce qu'il ne fallait pas faire.
02 — Le parti pris
L'interface
est un théâtre
Méliès venait de la scène avant de venir de l'écran. Il a racheté le théâtre Robert-Houdin, tourné dans un studio aux décors peints en trompe-l'œil, employé des acteurs de music-hall. Le cinéma, chez lui, est du théâtre filmé — et truqué.
D'où le principe de navigation : l'écran n'est pas une page, c'est une scène. Rideaux rouges, chevalet, cadres dorés accrochés au mur, lustre, public en ombre chinoise au premier plan. Le contenu n'est pas listé, il est posé dans le décor. On explore un lieu, on ne parcourt pas une arborescence.
Le titre découle du même geste. « La boîte à truc » désigne l'attirail du prestidigitateur — l'endroit où sont rangés les tours. Le nom promet une découverte des coulisses, pas une notice biographique.
03 — Le logotype
Une affiche
de baraque foraine
Le lettrage est dessiné, pas composé : capitales étroites, empattements irréguliers, lignes cintrées en arc de cercle. C'est le vocabulaire des affiches de spectacle de la fin du XIXe siècle — celles qu'on collait sur les murs pour annoncer un illusionniste de passage.
L'arc est la seule contrainte forte. Il fait tenir le titre sur deux lignes sans hiérarchie de taille, et il installe immédiatement le registre : ce n'est pas une institution qui parle, c'est un montreur de tours.
03.1 — Réserve
Les règles de zone de protection sont posées à partir d'une unité X : le titre ne se colle jamais à un bord, et rien ne vient s'inscrire dans le rectangle qui l'entoure. Sur un décor aussi chargé qu'une scène de théâtre, cette respiration est ce qui garde le logo lisible.
04 — Design system
Un inventaire
d'accessoires
Le design system de ce projet ne ressemble pas à un design system. Ce n'est pas une bibliothèque de composants : c'est un inventaire d'accessoires de scène — cadres dorés, chevalet, miroir, masque, lustre, corde, rideaux.
Chaque élément a une fonction d'interface derrière sa fonction décorative. Le cadre doré affiche une œuvre. Le miroir fait apparaître Méliès. La chemise « Archives » ouvre les chapitres. Le bouton Entrer dans l'expérience est un cartouche aux bords déchirés, comme un ticket d'entrée.
La palette suit le même raisonnement : rouges de rideau, ors et bruns de bois verni, noirs profonds de salle éteinte, et un vert olive qui vient des affiches d'époque. Deux typographies seulement — un script pour les titres, Arial pour tout le reste, parce que le décor porte déjà toute la personnalité.
05 — Le parcours
Quatre temps,
comme un spectacle
- 01
Le seuil
Rideau fermé, cartouche, une phrase d'accueil. Un seul bouton : entrer.
- 02
La scène
Le décor se découvre. Chaque objet est une porte vers un contenu.
- 03
Le tableau
Un cadre s'avance, une archive s'affiche, un texte l'accompagne.
- 04
Les archives
Les chapitres de la vie, présentés comme des photographies posées sur une table.
06 — La voix
C'est Méliès
qui parle
Toute la biographie est écrite à la première personne. Pas de notice, pas de « il naquit en 1861 » : « Je suis né le 8 décembre 1861 à Paris, dans une famille de fabricants de chaussures. »
Ce choix d'écriture fait plus pour l'immersion que n'importe quel effet visuel. Il transforme le visiteur en spectateur d'un récit, et le contenu patrimonial en confidence. On ne consulte plus une fiche : quelqu'un vous raconte sa vie.
Le texte suit la trajectoire complète, ascension comprise et chute comprise — la cordonnerie refusée, la magie découverte en Angleterre, le Théâtre Robert-Houdin racheté en 1888, la projection des frères Lumière en décembre 1895 reçue comme une révélation. Puis la seconde partie, plus sombre. Rendre hommage n'oblige pas à raconter une réussite continue.
07 — Ce que ça a appris
À compléter
Cette section attend le retour d'expérience réel : les pistes écartées, la recherche iconographique, et ce qui résisterait à une vraie mise en production.
[ Section à rédiger — voir le commentaire dans le code source ]